Le Concept Mulligan ®
Le Concept Mulligan est une approche de thérapie manuelle utilisée dans l’évaluation et le traitement des troubles musculo-squelettiques. Il a été développé par Brian Mulligan, kinésithérapeute néo-zélandais, et repose sur une idée simple : associer un mouvement précis réalisé par le patient à une correction manuelle douce appliquée par le kinésithérapeute.
L’objectif est de retrouver un mouvement plus libre, plus confortable et plus fonctionnel, tout en respectant un principe essentiel : la technique doit être indolore pendant son application.
Parmi les plus de 25 000 kinésithérapeutes travaillant en Belgique, je fais partie des 39 Certified Mulligan Concept Practitionner.
Découvrez le Concept Mulligan
Dans beaucoup de douleurs articulaires ou musculaires, le patient décrit une gêne très précise : une douleur en tournant la tête, une limitation en levant le bras, une douleur au coude lors de la préhension, une perte de flexion dorsale de cheville, ou encore une douleur pendant un geste sportif.
Le Concept Mulligan part de ce mouvement problématique, appelé le signe comparable. C’est le mouvement, la position ou la fonction qui reproduit clairement le symptôme du patient. À partir de ce signe, le kinésithérapeute teste différentes corrections manuelles afin d’identifier celle qui permet d’améliorer immédiatement le mouvement.
Lorsque la bonne correction est trouvée, le patient réalise à nouveau le mouvement actif pendant que le thérapeute maintient la mobilisation. Cette combinaison est appelée MWM, pour Mobilisation With Movement, ou mobilisation avec mouvement.
Quelles sont les compétences spécifiques d’un kinésithérapeute formé au Concept Mulligan ?
Un kinésithérapeute formé au Concept Mulligan ne se contente pas d’appliquer une technique standardisée. Il réalise d’abord une évaluation précise afin d’identifier le mouvement qui pose problème, la direction de mobilisation la plus pertinente, l’intensité nécessaire et la réponse immédiate du patient.
La force du Concept Mulligan repose sur le raisonnement clinique. Une technique n’est poursuivie que si elle modifie positivement le signe comparable : diminution de la douleur, augmentation de l’amplitude, amélioration de la force ou récupération d’un geste fonctionnel.
Cette approche demande donc une communication permanente entre le patient et le thérapeute. Le patient doit pouvoir signaler ce qu’il ressent pendant la technique, car l’objectif est de retrouver un mouvement plus libre, sans provoquer la douleur.
Le Concept Mulligan peut également inclure des exercices spécifiques à réaliser à domicile, des auto-mobilisations et, dans certains cas, du taping pour prolonger l’effet obtenu pendant la séance.
Quelles sont les étapes du Concept Mulligan ?
Étape 1 : Le bilan
La première étape consiste à comprendre votre problème : depuis quand la douleur est présente, quels mouvements la déclenchent, quelles activités sont limitées, et comment vos symptômes évoluent au cours de la journée.
Le kinésithérapeute recherche ensuite un signe comparable. Il peut s’agir, par exemple, d’une douleur lors de la rotation cervicale, d’un manque d’amplitude à l’épaule, d’une douleur de coude lors du serrage de la main, ou d’une gêne de cheville lors d’un mouvement en charge.
Ce signe comparable sert de référence. Il permet de mesurer immédiatement si la technique testée est pertinente.
Étape 2 : Le test de correction
Une fois le signe comparable identifié, le kinésithérapeute applique une mobilisation douce dans une direction précise. Le patient refait ensuite le mouvement problématique pendant que la correction est maintenue.
Si la douleur diminue nettement, si l’amplitude augmente ou si le geste devient plus facile, la correction est considérée comme cliniquement pertinente.
Si la technique ne change rien, le thérapeute modifie la direction, l’intensité ou la localisation de la mobilisation. Si aucun changement significatif n’est obtenu, une autre hypothèse clinique doit être envisagée.
Étape 3 : Le Traitement
Lorsque la bonne correction est trouvée, la technique est répétée plusieurs fois. Le but n’est pas simplement d’obtenir un soulagement passager, mais de restaurer une fonction plus durable.
Dans beaucoup de cas, le patient réalise activement le mouvement pendant que le kinésithérapeute guide l’articulation. Cette participation active est un élément central du Concept Mulligan.
Le traitement peut être appliqué à différentes régions du corps :
- la colonne cervicale, notamment avec les SNAGs et self-SNAGs ;
- l’épaule, dans certains troubles de mobilité ou douleurs au mouvement ;
- le coude, notamment dans certaines épicondylalgies ;
- le poignet et la main ;
- la hanche, le genou, la cheville ou le pied ;
- certains gestes fonctionnels ou sportifs spécifiques.
Étape 4 : L’auto-traitement et la prévention
Lorsque cela est pertinent, le kinésithérapeute enseigne au patient une version adaptée de la technique à réaliser lui-même. Ces auto-mobilisations permettent de renforcer l’autonomie du patient et de prolonger les effets obtenus en séance.
Dans certains cas, un taping peut être proposé afin de maintenir la correction pendant le mouvement ou pendant l’activité sportive.
L’objectif final reste toujours le même : permettre au patient de retrouver une fonction confortable, de comprendre son problème et de devenir progressivement acteur de sa récupération.
Quels sont les grands types de techniques Mulligan ?
Les MWM : Mobilisations With Movement
Les MWM sont principalement utilisées pour les articulations des membres. Le thérapeute applique un glissement articulaire pendant que le patient réalise le mouvement limité ou douloureux.
Par exemple, dans certaines douleurs de coude, le mouvement de serrage de la main peut être testé avec une correction manuelle. Si la douleur diminue et que la force de préhension s’améliore, la technique peut être intégrée dans le traitement.
Les SNAGs : Sustained Natural Apophyseal Glides
Les SNAGs sont des techniques appliquées à la colonne vertébrale. Elles combinent un glissement articulaire maintenu par le thérapeute avec un mouvement actif du patient.
Elles sont notamment utilisées dans certaines limitations cervicales, comme une douleur ou une raideur lors de la rotation, de la flexion ou de l’extension du cou.
Les Self-SNAGs et auto-mobilisations
Certaines techniques peuvent être adaptées en auto-traitement. Le patient apprend à reproduire une correction spécifique à l’aide de ses mains, d’une serviette ou d’un matériel adapté.
Ces techniques doivent être enseignées précisément par un professionnel formé afin d’être réalisées de manière sûre et efficace.
Le Concept Mulligan est-il approprié pour moi ?
Cette approche peut être particulièrement intéressante si vous reconnaissez une ou plusieurs de ces situations :
Vous avez une douleur reproduite par un mouvement précis
Vous sentez une limitation nette dans une direction
Votre douleur apparaît pendant un geste fonctionnel ou sportif spécifique
Vous avez l’impression qu’un mouvement est “bloqué” ou “freiné”
Vous avez déjà récupéré partiellement, mais un geste reste douloureux
Vous cherchez une approche active, progressive et orientée vers l’autonomie.
Est-ce que la méthode McKenzie (MDT) est seulement applicable pour les douleurs du cou, du dos ou de la colonne lombaire ?En revanche, certains symptômes nécessitent d’abord un avis médical ou un bilan plus approfondi : douleur inexpliquée importante, traumatisme récent sévère, perte de force brutale, troubles neurologiques, fièvre, douleur nocturne inhabituelle, ou symptômes qui ne correspondent pas à une problématique mécanique classique.
Références :
https://bmulligan.com/mulligan-concept/
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